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vendredi 13 novembre 2015

Israël, haro sur les étiquettes !

 

Voilà ce qui ne figurera plus sur les importations issues des colonies.  


Les produits originaires des colonies importés en Europe seront dorénavant étiquetés comme tel. Et non plus : origine Israël. Décision de l'Union européenne. Le vote reporté à plusieurs reprises a eu lieu mercredi.

Bruxelles souhaite marquer la distinction entre la production israélienne et celle issue des colonies, installées en territoires palestiniens occupés depuis 1967.
Il n'en fallait pas plus pour déclencher la fureur d'Israël. "L'Europe devrait avoir honte" a lancé Benyamin Netanyahu. Une mesure jugée discriminatoire sur laquelle l'UE pourra s'expliquer. Son représentant est convoqué à Jérusalem. Pour Bruxelles, il s'agit d'une mesure "technique" visant à informer le consommateur et non "politique".

Ces produits essentiellement des fruits, des légumes, du vin et des cosmétiques de la Mer Morte représentent moins de 1% du total des échanges commerciaux entre Israël et l'Europe selon l'UE. Entre 2 et 3% selon le ministère des affaires étrangères israélien. Ils proviennent du Golan, de la Bande de Gaza, Jerusalem-Est et de Cisjordanie.
C'est le boycott de ces produits qui est redouté, et ses conséquences économiques pour tous, colons et palestiniens. 25 000 Palestiniens travaillent légalement pour des entreprises israéliennes implantées dans les Territoires occupés. Leurs salaires est 3 à 4 fois plus élevés que ceux pratiqués dans des entreprises palestiniennes.

Technique, politique ? L'impact de cette mesure n'en reste pas moins économique.

mercredi 27 février 2013

L'Indigné nous a quittés

Stéphane Hessel est décédé la nuit dernière à l'âge de 95 ans.  

Baltel/SIPA
Photo Baltel/SIPA

Diplomate, résistant, déporté et écrivain, son dernier plus grand acte est son manifeste "Indignez-vous", ouvrage publié en 2010 et vendu à plus de 4 millions d'exemplaires dans le monde.
Né en 1917 à Berlin d'une famille juive, il arrive en France à l'âge de 7 ans et est naturalisé français à 20 ans. Normalien et diplômé de Philosophie, il est mobilisé en 1939 et rejoint la France Libre de Londres en 1941. Il sera arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald puis Dora. Sa carrière politique et diplomatique débute dès la Libération. Tour à tour, haut fonctionnaire d'Etat, membre du sécrétariat général de l'ONU, il participe avec René Cassin à l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il s'engage au côté des sans papiers de l'Eglise Saint-Bernard en 1996-97, se mobilise sur le conflit israëlo-palestinien, défend la liberté d'expression, entre autres. Cet homme d'un siècle n'a cessé de nous inonder de sa vitalité. Sa philosophie de l'espérance reste un exemple. Un modèle d'humaniste.

Anecdote : Sa maman, Helen Hessel, au destin tout aussi hors du commun a inspiré l'héroïne de "Jules et Jim" roman d'Henri-Pierre Roché, porté à l'écran par François Truffaut.

mardi 24 juillet 2012

Récession espagnole, fini la fiesta !

Des pompiers posent nus à Mieres pour manifester contre la politique d'austérité du gouvernement.
"Tant de coupes nous ont laissé à poil"  (19 juillet 2012).
En Espagne, c'est la saison des records. Un quart de la population active est sans emploi,  record de la zone euro. Le taux de chômage flirte avec les 25%. 24,44% exactement, à la décimale prés. Derrière les chiffres, c'est donc un Espagnol en âge de travaillé sur 4 qui n'a pas d'emploi. Les plus touchés se sont les jeunes. Le taux de chômage des moins de 25 ans culmine à 51,2%  (chiffres de mai 2012, selon l'INE institut national de la statistique). Plus de la moitié des jeunes est sans salaire... Encore un record ! A se disputer avec la Grèce. Et les prévisions économiques ne sont pas optimistes. Le gouvernement  a annoncé une poursuite de la récession en 2013. La saison des records devraient se prolonger! La population craque et manifeste son ras-le-bol.

Bérengère vit à Barcelone depuis 6 ans.
J'ai discuté de cette situation avec Bérengère, 26 ans, qui vit depuis 6 ans à Barcelone. Cette jeune Française travaille dans une agence de voyage.
-Quelle est l'ambiance actuellement ?
"Ici, la situation est tendue. Les gens deviennent morose et en ont bien marre. Plus ça va et plus cela devient précaire. L'esprit révolutionnaire est loin d'être en place. Les gens subissent en fait. Pour les faire sortir dans la rue, il faut que leur équipe de foot gagne (Barcelone et la Roja pendant la coupe du monde par exemple). ça fait la bringue, mais quand il s'agit de sortir dans la rue pour protester de la situation, il n'y a rien de fait...
Un exemple, le 15 mai il y a eu une grève d'organisée au niveau national. Dans mon entreprise, nous étions deux à faire la grève : 2 Françaises. En parlant avec mes collègues, j'étais révoltée car tout le monde me parlait des 100 euros qu'on allait me retirer sur mon salaire ce mois-ci ! Si les gens ne sortent pas dans la rue, rien ne changera. La révolution est loin d'être là... Le mouvement des Indignés existe mais ils sont tellement minoritaires par rapport au reste de la population que leurs actions ne changent absolument rien. Il faut que TOUT LE MONDE se mobilise, c'est pas demain la veille. Les gens sont blasés."
-Qu'est-ce qui te semble le plus difficile ?
"On dirait qu'on n'a plus le droit de se plaindre parce qu'on a un boulot (pour lequel on est exploité et payé une misère). Mais on a 1000 € par mois alors ça devient un luxe. Les entreprises profitent de ça et se permettent de menacer les employés en leur disant que s'ils ne sont pas contents de travailler et de faire des heures sup (non payées bien sûr), la porte est grande ouverte. Que le pays regorge de gens qui seraient bien contents d'avoir leur poste.
Cela devient triste mais heureusement qu'il nous reste le soleil  et la fiesta bon marché sur les terrasses communautaires des immeubles !
Et là, cerise sur le gâteau : la tva augmente ! De 8% à 10% pour les restau, de 18% à 21% pour les services, la grande classe ! Tout va augmenter. Tu comprends pourquoi je dis que l'Espagne, c'est plus l'eldorado ! "

samedi 28 juin 2008

La France, six mois au timon de l'Europe


Le Conseil de l’Europe, un relais à 27

Pour la présidence, c’est chacun son tour ! Renouvelées tous les six mois, les permanences ont été distribuées en 1995 puis en 2004 avec l’arrivée des nouveaux membres. Après la Slovénie et avant la République Tchèque, la France prend le relais du 1er juillet au 31 décembre 2008.

La présidence française avait déjà été assurée en 1995 et en 2000 avec Jacques Chirac. Le semestre bleu blanc rouge 2008 sera présidé par Nicolas Sarkozy et ses ministres. Tous se préparent à l’exercice depuis l’été dernier. Un an seulement que dans chaque ministère, chacun bachote ses dossiers pour être prêt le 1er juillet. Alors que la Grande-Bretagne avait préparé sa présidence de 2005 deux ou trois ans à l’avance ! La France, mauvaise élève ? Calendrier électoral oblige, l’élection présidentielle de 2007 a retardé la mise au travail des troupes. Chacun sa technique, il y a les coureurs de fond et les sprinters. Pourvu que les responsables français aient des jambes !

Un semestre « difficile » pour une présidence ambitieuse

Des jambes et du cran, le deuxième semestre 2008 s’annonce « très difficile » pour la présidence française selon Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. Et Jean-Pierre Jouyet, on peut lui faire confiance, c’est le monsieur Europe du gouvernement. Un nom à retenir, encore peu connu du grand public, son visage et ses déclarations devraient apparaître dans les colonnes de l’actualité des six mois à venir. « Un moment à envisager avec gravité » prévient le prudent et modeste Jean-Pierre Jouyet. Rien que ça !

Il faut dire que la France débute sa présidence avec le non irlandais au traité de Lisbonne. C’est donc à elle de cuisiner des compromis pour mettre tout le monde d’accord, et faire digérer le traité de Lisbonne, c'est-à-dire la réforme des institutions européennes auprès des 27. Dossier d'envergure, le traité de Lisbonne, auquel la présidence française souhaite ajouter d'autres priorités : la défense, une réforme de la politique agricole commune, un plan climat/énergie, et l’immigration. Ces cinq dossiers de travail affichent la volonté de Nicolas Sarkozy de faire revenir la France dans l’Europe, et de faire oublier les réticences des Français face à l’Union. Le non en 2005 à la Constitution européenne est toujours accroché à la cheville de Marianne pour Bruxelles. La marche de manœuvre sera freinée par les contraintes du calendrier parlementaire. Les vacances d’été, celles de novembre et de Noël amputeront inévitablement le marathon de la présidence.

Un contexte européen tourmenté, et une ambiance intérieure frileuse face à la grande Union, Nicolas Sarkozy doit présenter les ambitions de la présidence française devant le Parlement le 10 juillet. Gageons que « Unie dans la diversité » et les difficultés, la présidence française amène les 27 un peu plus près des étoiles !

Texte de Emmanuelle Bach